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23 communes de la métropole grenobloise s’engagent contre la pollution lumineuse. Et le Fontanil ?

Dernière mise à jour : 1 mars 2022



La nuit, c’est la moitié de la vie, de nos vies. Chaque jour, la vie est un cycle nourri autant par le jour que la nuit.

Les humains ont bouleversé cette alternance naturelle en développant de manière disproportionnée l’éclairage artificiel. Cela n’est pas sans conséquences.


1. La pollution lumineuse, qu’est-ce que c’est ?


La pollution lumineuse est la présence nocturne de lumière ayant des conséquences sur la faune & la flore, les écosystèmes et la santé humaine.

Dans les années 1970-1980, l’excès de lumière émise par les éclairages commence à être qualifié de nuisance lumineuse » ; elle inonde les villes et de plus en plus la campagne, atténuant la limpidité du ciel étoilé, jusqu'à le masquer de la vision à l'œil nu.

À partir des années 1995, les chercheurs parlent de pollution en mettant en évidence les impacts sur la santé, la biodiversité et le climat.

Les causes de cette pollution semblent évidentes : l’augmentation conjointe de la production électrique, de l'offre en éclairage et la demande de sécurité (de la part du public et des élus). Les politiques d'éclairage public ont conduit à une augmentation du halo lumineux. Les enjeux commerciaux, électoraux et d'image alimentent l'augmentation des éclairages. Enfin, l'éclairage public des rues a longtemps été réalisé avec des luminaires de grande puissance ou qui n'étaient pas conçus pour limiter les émissions vers le ciel (luminaires en forme de boules).

Les conséquences de cette pollution sont multiples :


- Sur la biodiversité : il faut rappeler que les êtres vivants, faune et flore, ont besoin de cette alternance Jour et nuit. L’éclairage artificiel perturbe leurs fonctionnements (ex : la lumière artificielle retarde la chute des feuilles…) Alors que la biodiversité est déjà mise à mal et que la 6ème extinction est confirmée par les scientifiques*, toutes les actions pour limiter les pollutions doivent être une priorité.

- Sur la santé humaine : La lumière artificielle perturbe le rôle essentiel de l'horloge interne, le sommeil et peut générer des troubles de la vision.

- Sur les consommations d’énergie : d’après l’ADME, 30 à 40 % des pertes d’énergies des communes sont liées à l’éclairage public. Évidemment, cela génère du C02, qui accélère le dérèglement climatique, et des déchets qui consomment eux-mêmes de l’énergie pour être traités. Cela a également un impact financier non négligeable.

2. Une charte pour la Métropole grenobloise, ça va changer quoi ?

Le 7 juillet dernier, 23 communes de la Métro ont signé une charte pour limiter la pollution lumineuse.

L'ambition est de réduire de 60% la consommation énergétique de l’éclairage public et d’atteindre l’extinction nocturne de 25 % des points lumineux à l’horizon 2035. La Métropole estime que cela représentera 7 600 MWh de consommation d’énergie en moins par an à l’horizon 2025 et près de 11 000 MWh en 2035, soit une économie annuelle d’1 à 2,2 millions d’euros.

Soutenu par l’ANPCEN**, la charte donne certains principes : ne plus étendre des zones éclairées, supprimer les éclairages inutiles, concevoir le « juste éclairage », généraliser des politiques d'extinction et de variation.

A travers cette charte, la métropole s’engage dans une vraie démarche de réduction de cette pollution lumineuse sur son territoire.

3. Et au Fontanil, nous en sommes où ?


La question a été posée à M. Dupont-Ferrier en conseil municipal le 21/09/2021, il a répondu qu’il n’était pas favorable à déployer une telle politique. Selon lui, les citoyens ne sont pas prêts, et cela poserait des problèmes de sécurité. Pourtant des études en cours portent sur les liens entre sécurité, criminalité, cambriolage et éclairage, et elles bousculent quelques idées reçues : en France, 80 % des cambriolages ont lieu en plein jour, et seulement 20 % de nuit !!


Cependant, notre maire a accepté qu’un groupe de travail sur le sujet se réunisse «dans quelque temps» pour réfléchir à la question et faire des propositions. Pourtant, depuis le mois de septembre, nous n’en avons pas vu la couleur !!

L'éclairage public coûte en moyenne 24€/ an /hab et représente 40% de coût d'énergie d'une commune. Agir sur ce poste budgétaire, c'est faire preuve de gestion irréprochable!


Les espèces nocturnes rendent des services gratuits ainsi les chauves-souris mangent jusqu'à un tiers de son poids de moustique tous les soirs soit environ 3000.

Au moment où nous combattons les moustiques, sachons utiliser la nature à notre bénéfice. (Lien vers le document Région Ile de France ci-joint)


Notre commune, située dans le Parc naturel Régional de Chartreuse, lui-même engagé dans une lutte contre la pollution lumineuse, éclaire toute la nuit le Rocher du Cornillon à certaines périodes de l’année. Les impacts sur la biodiversité ont-ils été mesurés ? Il est sûr qu’ils ne sont pas négligeables. Alors que le Parc Régional s’engage à aider les communes, aussi bien techniquement que financièrement dans cette transition, qu’attendons-nous pour engager le dialogue avec le Parc ?

Leur remplacement par des LED est en cours mais les anciens éclairages sont encore majoritaires sur la commune, alors qu’ils sont extrêmement consommateurs d’énergie et ne sont pas adaptés pour limiter le halo lumineux. De plus, très souvent, les éclairages sont très (trop) proches.

Beaucoup de solutions existent : limiter la durée de l'éclairage (horloge) ; n’éclairer que lorsque c’est nécessaire (détecteur de présence), réduire la sur-illumination (diminuer l’intensité, m'éclairer qu’1 sur 2, l’orientation du halo lumineux), … Beaucoup d'associations, d’organismes d'État (dont la Métro et le Parc Régional cité plus haut) sont là pour accompagner les communes dans cette transition.

Encore faut-il en avoir l’ambition !! Qu'attendons-nous pour agir ??

Nous souhaitons une approche renouvelée de l’éclairage, en concertation avec les habitants. C’est en étant au plus proche des besoins des habitants que nous pourrons proposer une solution gagnant/gagnant pour les habitants, le climat et les finances communales.

La vie a besoin de la nuit, et la Nuit a besoin de vous.

Engagez-vous et demandons tous à la municipalité de s’engager dans la lutte contre la pollution lumineuse.


· la notion de 6ème extinction : lien vers un article du blog ou un site référence : https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2019/04/sixieme-extinction-de-masse-un-million-despeces-seraient-menacees.

**l’ANPCEN : Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturnes.

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